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Dès fois, du neuf.

Un réseau sans coulisse ?

Publié le : 4 janvier 2026 #Idées et réflexions

Le monde du modélisme ferroviaire nous parle souvent de l’utilisation indispensable d’une coulisse, permettant de figurer un « ailleurs ». Mais est-ce réellement nécessaire ?

Voilà, j’ai terminé ma séquence de « jeu ». Mon train est prêt à rejoindre New Westminster, un lieu qui n’est pas présent sur mon réseau.

L’accès à ma coulisse se fait par le « mur » du fond. C’est l’ouverture noire barrée de blanc, à gauche des containers.
La voie sortante passe au travers d’un miroir. Ce miroir agrandit le réseau significativement !

Une coulisse permet de figurer un ailleurs, pour donner l’illusion que le train quitte la scène (comme au théâtre !), et rejoint ainsi la gare suivante (et donc le reste du monde). Cette illusion est un des marqueurs qui séparent le train « jouet » du modélisme : avec la coulisse, le modéliste intègre son train dans un monde plus grand1.

Mais une coulisse est-elle indispensable sur un réseau de modélisme ferroviaire ?

Sur mon réseau, chaque wagon a une destination réelle, écrite sur une carte d’identification. Un wagon qui arrive sur le réseau depuis la coulisse a une destination précise, détaillant jusqu’à la porte de l’entrepôt où il est attendu. J’ai poussé le « vice » sur le trafic sortant en indiquant quelle compagnie prendra en charge chaque wagon au sein de la coulisse2. Ce système permet de créer un ailleurs : je sais que mes wagons partent quelque part.

Ces deux wagons chargés de ferraille sont attendus dans l’Ontario, et transiteront par le CPKC. Tout est écrit sur la fiche.

Le train de la première photo pourrait sortir de mon réseau, et rejoindre la coulisse. Ce qui signifie monter un bout de voie en travers d’une porte, entre le réseau et la coulisse. C’est prévu et possible, mais peu pratique. Ma flemme m’a permis de réaliser (avantageusement) que mes cartes pour simuler la destination est bien suffisant pour figurer cet ailleurs : je sais que ce train, qui a déjà bien manœuvré, est prêt à livrer les wagons à chaque compagnie. Je me dispense donc du dernier trajet : une fois la session terminée, je change les wagons à la main, directement sur le réseau. De tout manière, j’aurai fait pareil en coulisse de toute manière. Et c’est reparti pour un tour (de jeu).

Bien entendu, un réseau avec plusieurs trains aura bien plus besoin d’une coulisse que le mien. Mais sur un petit réseau de manœuvres, les cartes wagons permettent à la fois d’augmenter le réalisme du « jeu », mais aussi de gagner l’éventuel espace pris par la coulisse pour plus de fun.

Notes

↑ 1 Ce concept a été introduit par W. Allen McClelland, modéliste américain, sous le terme de « beyond the basement ».

↑ 2 Celle-ci représente le triage de New Westminster, où le SRY a différentes connexions avec d’autres compagnies ferroviaires majeures : CN, CPKC et BNSF.


La mystérieuse plaque 55

Publié le : 28 novembre 2025 #Ça ferait un bon projet #Découvertes

Un ami canadien m’a donné cette plaque lors de nos retrouvailles après la pandémie de Covid. Cet ami la tenait de son père, décédé alors qu’il était jeune. Il me l’a donnée me sachant passionné de trains. J’ai reçu peu de marques d’une telle amitié.

Ovale, la plaque est en laiton gravé ou photogravé, et présente un gros « 55 », entouré de l’indication « London, Brighton and South Coast Railway ». Les parties noires ont été brunies chimiquement. J’ai passé quelques années avec cette plaque affichée dans mon bureau, sans savoir à quoi elle correspondait, ni, j’admets, sans vraiment chercher. « Un jour, cela fera un beau projet de réseau » me disais-je.

Hornby se lance dans le TT

Fast forward vers 2024 : Hornby annonce se lancer sur une échelle jusque là confidentielle, l’échelle TT. Jusque là cantonnée aux pais de l’est de l’Europe, ou à quelques modélistes devant tout faire eux-même. N’étant pas trop branché trains anglais, je ne regardais cela que de très loin. La gammeest composée de trains ayant une grande chance de se vendre, avec un peu toutes les époques. Pourquoi pas !

Fin 2025, Hornby lance un coffret de départ en TT, avec une locomotive à vapeur et deux wagons, à un prix incroyable : £99,99.

Je regarde cette histoire de coffret, histoire de rattraper mon retard. L’impatience de certains amis modélistes achève de me convaincre ! Je fouille un peu sur le site de Hornby pour voir ce qu’ils proposent. Et là :

La plaque est là, avec le numéro 40, nommée « Brighton », mais qu’importe. J’ai trouvé le début du fil de la pelote, celle des locomotives LB&SCR A1 « Terrier ».

Une recherche rapide m’oriente vers la 55, baptisée « Stepney ». Livrée le 21 décembre 1875, elle assure, comme ses sœurs, des trains de banlieue jusqu’à être reléguée au tournant du siècle à des services de branchline. Elle est passée aux effectifs du Southern Railway lors du regroupement des compagnies d’Angleterre de 1923. La 55 est préservée depuis 1960 par le Bluebell Railway, qui lui a fait adopter différentes livrées.

Es-ce que je cèderai au sirènes du LB&SCR ou du TT ? Pour le moment, les modèles sont chers, et j’ai d’autres projets en tête. Mais je ne cache pas que cela ne me laisse pas indifférent. :)


Use milimeters !

Publié le : 10 octobre 2025 #Bricolage #Idées et réflexions

Un article de Gerard J. Fitzgerald dans le dernier magazine de la NMRA, à propos des 90 ans de la mise en place des normes, révèle :

In the case of HO gauge, the distance between the rails is 5/8 of an inch or 16.50 millimeters, according to the National Model Railroad Association. Here, the millimeter as a unit of measure has been chosen because of the feeling that a smaller unit makes for greater accuracy and bring into play other advantages of the metric system.1

Traduit comme « dans le cas de l’échelle HO, la distance entre les rails est de 5/8 de pouce, soit 16,50 millimètres, selon la National Model Railroad Association. Ici, le millimètre a été choisi comme unité de mesure car on estime qu’une unité plus petite offre une plus grande précision et permet de tirer parti d’autres avantages du système métrique. »

Malheureusement cette bonne idée d’utiliser une unité de mesure précise ne s’est pas répandue, et quasi-toute l’Amérique du nord ne fonctionne qu’en mesures impériales. Quelques modélistes promeuvent l’utilisation d’une règle graduée en millimètres pour le travail de précision, mais ils sont minoritaires. Voire même, parfois critiqués !

C’est très surprenant de se passer ainsi d’un outil plus précis pour travailler, qui plus est fonctionnant sur une base 10. Les habitudes ont la vie dure ; pourtant, on trouve des règles au système métrique chez Walmart...

Notes

↑ 1 Raymond F. Yates’ 1938 Making and Operating Model Railroads, D. Appleton-Century Company Incorporated, New York, P. 17-18.