Voilà, j’ai terminé ma séquence de « jeu ». Mon train est prêt à rejoindre New Westminster, un lieu qui n’est pas présent sur mon réseau.
Une coulisse permet de figurer un ailleurs, pour donner l’illusion que le train quitte la scène (comme au théâtre !), et rejoint ainsi la gare suivante (et donc le reste du monde). Cette illusion est un des marqueurs qui séparent le train « jouet » du modélisme : avec la coulisse, le modéliste intègre son train dans un monde plus grand1.
Mais une coulisse est-elle indispensable sur un réseau de modélisme ferroviaire ?
Sur mon réseau, chaque wagon a une destination réelle, écrite sur une carte d’identification. Un wagon qui arrive sur le réseau depuis la coulisse a une destination précise, détaillant jusqu’à la porte de l’entrepôt où il est attendu. J’ai poussé le « vice » sur le trafic sortant en indiquant quelle compagnie prendra en charge chaque wagon au sein de la coulisse2. Ce système permet de créer un ailleurs : je sais que mes wagons partent quelque part.
Le train de la première photo pourrait sortir de mon réseau, et rejoindre la coulisse. Ce qui signifie monter un bout de voie en travers d’une porte, entre le réseau et la coulisse. C’est prévu et possible, mais peu pratique. Ma flemme m’a permis de réaliser (avantageusement) que mes cartes pour simuler la destination est bien suffisant pour figurer cet ailleurs : je sais que ce train, qui a déjà bien manœuvré, est prêt à livrer les wagons à chaque compagnie. Je me dispense donc du dernier trajet : une fois la session terminée, je change les wagons à la main, directement sur le réseau. De tout manière, j’aurai fait pareil en coulisse de toute manière. Et c’est reparti pour un tour (de jeu).
Bien entendu, un réseau avec plusieurs trains aura bien plus besoin d’une coulisse que le mien. Mais sur un petit réseau de manœuvres, les cartes wagons permettent à la fois d’augmenter le réalisme du « jeu », mais aussi de gagner l’éventuel espace pris par la coulisse pour plus de fun.