█ Le 20 décembre 2008 à 18h29 françaises, H+8 locales par
Déjà des nouvelles : je suis parti quelques jours à la découverte du reste de la Corée, j’ai découvert plein de choses amusantes, surprenantes, magnifiques, déconcertantes... bref, normal pour un voyage.
S’il ne me reste que quelques petites journées ici, je n’ai pas fini avec mon blog : je continuerai à publier une fois rentré, c’est-à-dire une fois que j’aurai du temps ! Vous aurez droit à des tombes, des camions, des panoramas, des temples, des hôtels, des belles histoires, des trains, des trucs, des machins et des bidules. De tout, en vrac.
Sinon le bilan général du voyage est super bon. Je voulais être dépaysé, j’en ai pris plein les yeux et les papilles. Je suis tombé amoureux de la cuisine coréenne qui est riche, saine et tellement bonne, et en particulier du kimchi, cette spécialité de chou mariné et pimenté [1]. Je vais tenter d’acheter un bouquin de cuisine...
Le patrimoine et la culture m’ont bien plu également, même si voir tout le temps les mêmes couleurs et la même architecture est un poil lassant. Bien sûr, il me manque toute la culture nécessaire pour apprécier les différences entre ces bâtiments, alors que ça doit sauter aux yeux des Coréens, mais toutes ces structures en bois peintes sont merveilleuses et très loin de notre architecture. Le dépaysement et la découverte sont plus importants que ce petit détail.
J’ai été surpris de la vitalité de ce patrimoine culturel : l’ensemble des monuments présentés est globalement en très bon état, très bien présenté et expliqué (en quatre langues [2], souvent), sans compter les brochures et plans que proposent les comités du tourisme de chaque commune (pareil, en plusieurs langues). Les Coréens sont fiers de leur patrimoine, et cela se sent, surtout après la déculturalisation tentée par les Japonais au début du XXe siècle et la guerre de Corée qui a fait des ravages.
On reparlera bien entendu de tout ça, ainsi que des paysages, qui sont un poil lassants à la longue, malgré une variété assez subtile. La France est décidément très riche géographiquement.
Niveau boulot, c’est plutôt mitigé. Difficile de se motiver à bosser quand on a cent milliers de choses à voir dehors... Ça m’a permis de voir d’autres manières de travailler et de bosser un peu plus sur le média vidéo. Sinon, la communication en anglais, tout le temps indispensable : à force de l’utiliser, j’en suis à penser en anglais, voire à rêver en anglais... sans compter le vocabulaire acquis !
A refaire ? Oui, assurément ! Je compte bien revenir, et, si l’occasion se présente, je serai tout à fait heureux d’habiter en Corée. Mais pour ça je prendrai le temps de faire un vrai bilan réfléchi une fois que j’aurai fini le récit de ce fantastique voyage.
█ Le 6 décembre 2008 à 11h49 françaises, H+8 locales par
Mi-novembre, c’est un peu sur un coup de tête que Jérémie, Edouard et moi avons décidé de partir explorer la grotte de Hwanseongul. Pourquoi ? Parce que la photo du guide touristique était sympa !
Levé à 5h30 pour prendre le bus dans une des grandes gares routières de Séoul, bus qui allait nous mener sur la côte est, dans la ville de Samcheok. La Corée est très bien desservie par les bus, qui quadrillent tout le pays pour pas cher. Achat des billets (15900 wons, soit environ 10€ [1] pour 350km) grâce à l’aide improvisée d’un gars qui était là, repérage du bus, grâce à un autre gars qui passait... Durant le voyage, on trouvera ainsi toujours quelqu’un qui va spontanément nous aider pour nous orienter ou nous renseigner.
Les bus "limousine" n’ont que 32 places, mais sont très spacieux et confortables. Tellement confortables que les Coréens en ont bien profité... et nous aussi, au retour !
Débarquement à Sancheok, où nous récupérons les horaires de retour, et les horaires de bus pour monter à Hwanseongul. Problème, au vu des horaires, nous avons une heure pour visiter la grotte (en comptant la demi-heure nécessaire pour y monter à pied). Petit tour dans la ville en attendant le bus pour la grotte, bus qui part plus de deux heures après notre arrivée [2]. Visite du marché, où Édouard achète une valise de voyage (la grosse rigolade), et où tout le monde regarde les trois Européens débarqués là comme trois extraterrestres. C’est assez amusant, un peu impressionnant : ça n’est pas Séoul la cosmopolite ! Repas bon-copieux-pas cher et retour au bus.
L’arrivée à la montagne, après une correspondance presque râtée, est une bonne surprise : le lieu est beau, bien que le parking soit blindé de cars de tourisme. La montée se fait (à peu près [3]) bien au pas de charge, tout étant pavé ou équipé d’escaliers.
La montée est sympa, même si les couleurs magnifiques de l’automne sont un peu parties. Le début du mois de novembre était, cette année, la plus belle période pour les couleurs.
La grotte à proprement parler est impressionnante : une grande ouverture pour l’entrée où le gardien s’assure que vous avez votre ticket et que vous allez bien. J’ai cru qu’il ne voudrait jamais me laisser entrer tellement j’étais essoufflé.
Après, l’intérieur est lui aussi très impressionnant, avec, sur 1,6km de parcours ouverts au public, plusieurs lacs, des chutes d’eau, des formations calcaires assez folles... L’éclairage est très orienté pour bien montrer les spécificités de la grotte ; difficile d’en râter un bout.

Toute la visite se fait à pied, contrairement à l’autre grotte toute proche, où c’est un monorail qui emmène les visiteurs. Pour les photos, c’est fait au mieux, sans pied, dans un couloir de 80cm de large avec plein de monde qui vous passe dans le dos !
Et nous sommes sortis de là, heureux, parés à attaquer (en courant) la descente pour attraper le bus... qui n’était presque pas en retard !
Le retour s’est effectué tout gentiment jusqu’à Sansheok. Le paysage se laisse regarder, bien qu’une petite lassitude se fasse vite ressentir : c’est un peu partout pareil. Notre chauffeur de bus prenait le temps de ralentir pour saluer tous ceux qu’il croisait : pêcheur dans le torrent, agents de l’équipement, mamie qui prépare le kimchi...
On croise parfois de bonnes surprises, comme des grues blanches dans le lit d’un torrent, ou un très grand temple. On se dit qu’on va revenir pour voir ça [4]...
Retour à Séoul à 22h passées, crevés, rincés, morts, après avoir subi la torture dans le bus en regardant une émission culinaire sur le vin français et les spécialités qui font bien avec...
Une très bonne journée en somme, qu’Edouard a montée en quatre vidéos de 25 minutes au total, et qu’il m’a permis de mettre ici pour vous en faire profiter :
█ Le 3 décembre 2008 à 14h24 françaises, H+8 locales par
Ça va, tout va bien, je suis encore vivant. Je n’ai pas encore été assommé par le bruit de la ville. Séoul est une grande métropole, et le bruit y est omniprésent, mais plus que d’habitude à mon goût.
Tout d’abord, la circulation routière est intense. Beaucoup de gens prennent les transports en commun, mais dans des proportions aussi raisonnables que chez nous. Il y a donc beaucoup de voitures, et les embouteillages sont quotidiens. C’est assez amusant de voir les bords du Han décorés d’une guirlande de bagnoles.
Bien entendu, tout ça sur fond de klaxons, de coups de frein, d’accélération de gros moteurs (ils sont très berline luxe et 4x4 urbain ici). Les klaxons sont assez amusants : on entend parfois une longue plainte de corne de brume digne d’un semi-remorque (absents en ville, au passage), mais non, c’est juste un taxi... ou un scooter !
On profitera des happenings commerciaux qui défoncent les oreilles : ici, dans notre quartier étudiant, pour se faire mieux voir par les clients, les magasins ne lésinent pas sur les watts, avec le dernier tube du moment. Comme par exemple les Wonder Girls ; je vous laisse apprécier :
Hé ouais, les girls-bands (et boyz-bands) qui avaient assommé la France il y a quelques années sont très présents ici. On y a eu droit tous les jours depuis fin septembre [1] ; la mode s’étant passée récemment. Mais on n’est pas à l’abri d’une sonnerie de téléphone, ou d’un clip sur une télé dans un restaurant.
La musique est aussi présente dans les centres commerciaux, mais aussi dans le métro, où des scènes sont installées de manière permanente pour proposer aux passants un peu de musique. Sympa, mais souvent très fort, mal équilibré et plein à craquer.
La nuit, les clubs prennent le relais, alors que dehors tout le monde parle fort. Et dans les restaurants, la règle de politesse qui exigeait un repas silencieux a disparu : on braille plus qu’on ne parle, quelques bouteilles de soju débridant souvent le volume sonore.
Bon, fini d’être grincheux : c’est un post sur le br... l’ouïe. Il y a aussi de bonnes surprises à Séoul. Comme les oiseaux, qui trillent à qui mieux-mieux malgré le brouhaha, ou, en été, les insectes qui font un bruit dingue de “tube-néon qui déconne”.
Une autre chose frappante, c’est le calme qui règne dans les parcs, les palais et les temples. Bon, c’est un calme relatif, mais on y échappe à l’ambiance urbaine.
Beaucoup d’autres endroits sont très silencieux ; la plupart des rues hors des grands axes, ou l’île de Yeouido [2] du côté des bords du Han. Bon, nous habitons aussi un quartier étudiant, à proximité d’un grand hôtel (et de sa salle des mariages), ce qui apporte beaucoup de nuisances.
Mais vous l’aurez compris, ce ne sont pas trois lignes de jolis sons qui vont rattraper le reste : oui, Séoul est une ville bruyante, beaucoup même, et la quitter quelques jours faire un petit tour dans le pays ne saurait être mal : j’ai vraiment besoin de trouver un endroit où dormir sans compresseur d’air conditionné (ou je ne sais quoi) qui ronfle sur le mur extérieur...
█ Le 12 novembre 2008 à 20h30 françaises, H+8 locales par
Comme Benoît l’a annoncé je suis venue passer ma (beaucoup trop courte) semaine de vacances de la Toussaint à Séoul et il me revient donc, comme il me l’a demandé, d’apposer ma petite touche personnelle à son blog...
Bien évidemment, une semaine c’est beaucoup trop court, et ce pour plusieurs raisons dont les 2 principales sont :
qu’une semaine pour visiter c’est bien trop peu (surtout quand on a du mal à émerger le matin)
que 8h de décalage horaire aller, et 8h de décalage horaire retour c’est beaucoup trop, encore plus quand on doit être d’attaque en cours au retour ! Ça fait une semaine que je suis revenue et (entre les réveils matinaux dûs au décalage horaires et mes cours de la fin de la semaine) j’ai enfin réussi à faire ma première grasse mat’...ça fait du bien !
Mis à part ces quelques considérations, que dire de Séoul ? Plein de choses ! d’où mon problème pour ne pas me disperser de trop...
Ce que l’on remarque tout de suite c’est la démesure :
un aéroport immense et qui semble vide !

un métro avec des quais " fois plus longs que ceux de Paris et surtout 2 fois plus larges ! Ce qui n’est pas idiot quand il y a du monde.
une ville qui s’étend sur des dizaines de kilomètres : il suffit de prendre un peu d’altitude (d’avion ou de la N tower par exemple) pour s’en rendre pleinement compte. Ou alors on peut aussi prendre le métro pendant des heures sans arriver au bout de la ligne...(mais là, Paris a aussi ses techniques, mais vous le verrez plus loin !).

Ensuite on remarque que la France (et ses marques) est partout : des magasins Paris Baguette aux vraies contrefaçons Louis Vuitton, Chanel ou Dior (des chaussettes imprimées avec le logo de Louis Vuitton ça vous dit ?). Mais pour ce qui est de la présence française en Corée, je laisserai le soin à Benoît de s’en charger.

Et puis, après quelques heures dans Séoul on se rend compte qu’ici le ridicule ne tue pas : pour un Français ça peut paraître très bizarre mais ce qui est ridicule du point de vue français serait même à la mode ici :
ça commence avec les chaussettes qui vont de Bob l’Eponge, Mickey aux fameux imprimés Vuitton ou Dior...
les semblants de chaussettes de foot remontant jusqu’aux genoux portées avec une minijupe et des talons aiguilles...
vous avez aussi un grand choix de chaussons : des mignons petits chats en peluche aux pantoufles avec des nœuds et des rubans à paillettes partout dessus. Il faut quand même signaler qu’en Corée, dès que l’on entre chez soi, et souvent aussi dans les restaurants, on se déchausse. Les chaussons sont indispensables ici.
les gros nœuds...ça c’est un truc qui plaît : dans les cheveux, sur les manteaux, les sacs, les chaussures... Pour nous ça fait très rétro, un peu vieux...ici pas du tout.
et la touche personnelle des Coréens...l’art de promener son youki en laisse ! Premièrement, mis à part 2 exceptions fort remarquées par les Coréens qui se trouvaient autour de moi, les chiens coréens ne sont JAMAIS plus hauts qu’un chat et, deuxièmement, ils ne sortent jamais sans leur joli manteau...Une fille a d’ailleurs son stand sur un trottoir de Hongik et le choix de manteaux est immense (et très kitch bien sûr !).

Mais Séoul c’est aussi, et surtout, une ville de contrastes où l’on en prend plein les yeux à chaque coin de rue. Capitale à l’échelle mondiale comme beaucoup d’autres avec ses grands buildings de verre tout illuminés dès que le soleil commence à baisser (c’est-à-dire dès 17h), Séoul c’est aussi plein de fourbis à la sauce locale... Pas possible de marcher le long d’un trottoir sans trouver un vendeur ambulant (les pojangmacha) qui vous propose des spécialités chaudes ou froides, mais aussi des chaussettes, des accessoires (bonnets, chaussettes, gri-gris pour téléphone portables ou porte-clés, etc.) ou même une petite tente avec une diseuse de bonne aventure dedans.

Et puis à côté de ses grands malls de 10 étages, on trouve les marchés de Namdaemun (mon préféré) et Dongdaemun, grouillants de monde, de lumière et de toutes sortes de marchandises ; au pied de grands buildings de bureaux tout en verre on trouve des petits temples commémorant des événements de l’histoire des empereurs coréens et aussi les deux grands palais impériaux... Immenses, magnifiques, bien agencés et modernes : Louis XIV avait-il le chauffage central à Versailles ? les empereurs coréens si (heureusement pour eux, parce que l’hiver est froid ici !) !

Séoul c’est aussi une capitale coincée dans des petites vallées et entourée de nombreuses montagnes, et tout à la fois en bord de mer...
D’ailleurs, en parlant de mer, ce qui nous a surpris c’est de voir les Coréens acheter des gâteaux apéritifs (à la crevette bien sûr) pour les donner aux goélands !
Par ailleurs, puisqu’on parle de nourriture, la cuisine coréenne (chaude, froide, sucrée - au miel -, salée, pimentée...) est excellente. Mais là il va me falloir un deuxième post si je veux en parler !
Malheureusement, comme je l’ai dit, une semaine c’est beaucoup trop court et j’ai dû rentrer. Voyage en avion excellent, paysages de Chine et de Mongolie magnifiques...Tout bien jusqu’à Paris où, comme annoncé plus tôt, ils ont leur technique pour vous faire rester des heures dans le RER sans pour autant que les lignes soient spécialement longues...leur technique : les accidents ! 3h30 pour faire Roissy CDG-Denfert Rochereau dont 2h30 à l’arrêt à l’entrée de la gare du Nord, qui dit mieux ? Avec tout ça, à 22h30 quand je suis sortie du RER, tous les TGV pour Rennes avaient quitté Montparnasse depuis longtemps et j’ai dû passer la nuit chez mon oncle à Paris. Et pour en profiter jusqu’au bout, mon train avait 13 min de retard au départ et 5 min à l’arrivée le lendemain...mais bon, arrivé là, on n’est plus à 5 minutes près !

Mais bon, une seule conclusion à faire à mon voyage : j’veux retourner à Séoul !
█ Le 10 novembre 2008 à 16h00 françaises, H+8 locales par
Le Pepero (빼빼로 pp-è pp-è r-ô) est un cousin coréen du Pocky japonais et de notre Mikado [1] : un bâtonnet en biscuit enduit de chocolat, et éventuellement d’éclats de noisettes ou autres... Classique. Pas de quoi en faire un article. Eh si.
Parce que le 11 novembre est devenu LE jour de ces bâtonnets par simple mimétisme typographique : 11/11, c’est quatre bâtonnets alignés en alphabet roman, mais aussi en hangeul, avec le jamoㅐcorrespondant au son è, et présent deux fois !
Le 11 novembre est donc un jour tout indiqué pour que Lotte [2], le fabricant, se fasse un gros coup de pub (de plus) et ramasse des sous, car le Peperdo Day est depuis bientôt dix ans un jour tout prêt pour faire un petit cadeau aux gens qu’on aime bien, les amoureux étant en toute première ligne vu les emballages et les démarchages des vendeurs.
Impossible à râter : j’ai fait le tour des supérettes du quartier pour photographier les stands, et tout le monde avait son étal fin prêt, parfois même à l’extérieur de magasin. Il y en avait même un indépendant devant l’université.
Bien entendu, on ne vend pas que des Pepero : chaque chaîne essaye de refiler ses produits en même temps, genre les paniers de bonbons avec un nounours, des barres de 50cm de chocolats ou des pétards... Paradoxalement, c’est le GS25 près de l’église du quartier, une épicerie du chaebol GS group [2], concurrent de Lotte, qui étalait le plus de boîtes de bâtonnets chocolatés.

Pour avoir gouté les Pepero, ça n’explose pas les papilles de plaisir, ça ne laisse pas un merveilleux souvenir et ça cale à peine une dent creuse. C’est juste un biscuit , rien de plus. Par contre, le phénomène marketing est vraiment colossal !
Mise à jour à 03h50 : après un tour rapide au MiniStop, où ils finissaient de démonter leur stand, j’ai ramené des Pepero que j’ai offerts symboliquement à Nolwenn via Skype. Voilà le Pepero Day officiellement entamé !
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